Sur une fiche de lunette de visée, deux sigles reviennent sans cesse : FFP (First Focal Plane, premier plan focal) et SFP (Second Focal Plane, second plan focal). Ils indiquent l'endroit où se trouve le réticule dans la lunette. Ce détail technique change pourtant beaucoup de choses à l'usage. Voici comment s'y retrouver.
Ce que signifie « plan focal »
Dans une lunette à grossissement variable, l'image traverse un système de lentilles qui permet de zoomer. Le réticule peut être placé avant ce système de zoom (premier plan focal) ou après (second plan focal).
- En FFP, le réticule grossit en même temps que l'image. Quand vous passez de 5× à 25×, il paraît cinq fois plus gros dans l'oculaire.
- En SFP, le réticule garde toujours la même taille à l'œil, quel que soit le grossissement. Seule l'image de la cible grossit.
Dans les deux cas, le point visé ne bouge pas quand on change de grossissement : une lunette correctement zérotée reste zérotée.
L'avantage du premier plan focal : des repères justes à tous les grossissements
Comme le réticule FFP grossit avec l'image, les graduations (en MRAD ou en MOA) gardent la même valeur sur la cible à tous les grossissements. Un repère de 1 MRAD couvre 10 cm à 100 m, que vous soyez à 6× ou à 24×. On peut donc :
- corriger un tir en hausse ou en dérive directement avec les repères du réticule ;
- estimer une distance ou une taille sans se soucier du grossissement réglé ;
- passer d'un grossissement à l'autre en cours de tir sans recalculer.
C'est pour cela que le FFP s'est imposé en tir de précision et en tir longue distance, où l'on utilise beaucoup les graduations du réticule. Le revers : à faible grossissement, le réticule devient fin et peut être difficile à voir sur un fond sombre ; à fort grossissement, il devient épais et peut masquer une petite cible. Un réticule lumineux compense en grande partie le premier défaut.
L'avantage du second plan focal : un réticule toujours lisible
En SFP, le réticule a toujours la même épaisseur. Il reste bien visible au plus faible grossissement, ce qui est précieux pour un tir rapide ou en lumière faible. En revanche, les graduations ne sont exactes qu'à un seul grossissement (souvent le grossissement maximal, indiqué par le fabricant). À un autre grossissement, il faut faire une conversion.
Pour la chasse classique, où l'on vise surtout avec le centre du réticule et où l'on règle sa lunette une fois pour toutes, le SFP est simple, lisible et souvent un peu plus abordable.
Comment choisir ?
- Tir sportif de précision, tir longue distance, tir au-delà de 300 m : FFP. Vous utiliserez les graduations du réticule à tous les grossissements.
- Chasse à l'affût ou à l'approche à distance raisonnable : SFP ou FFP. Le SFP est plus simple ; le FFP est un plus si vous voulez corriger avec le réticule.
- Battue et tir rapide à courte distance : le SFP est souvent préféré sur les lunettes à faible grossissement (LPVO), car le réticule reste bien visible à 1×. Un FFP avec réticule lumineux fonctionne aussi très bien.
- Usage polyvalent : un FFP avec réticule lumineux est un bon compromis si votre budget le permet.
Les lunettes KECK en FFP et en SFP
La plupart des lunettes KECK existent dans les deux versions, à grossissement et tube identiques, pour que vous puissiez choisir selon votre pratique :
- la série PRECISION en premier plan focal, de 2-12×50 à 5-30×56, en tube 30 ou 34 mm ;
- les mêmes modèles en second plan focal ;
- la série ZENITH ED, en premier plan focal et verre ED, pour les tireurs les plus exigeants.
Toutes les lunettes de visée KECK sont couvertes par la garantie à vie KECK.
En résumé
Le FFP garde des repères justes à tous les grossissements : c'est l'outil du tir de précision. Le SFP garde un réticule toujours lisible : c'est la simplicité pour la chasse. Le bon choix dépend de la façon dont vous utilisez votre réticule, plus que de la distance seule.